Manifeste de l’OpenSource Dissident
1. Introduction
1. Introduction
1.1 La notion de logiciel libre tel qu’on la connaît aujourd’hui a plus de 30 ans. Le noyau Linux fêtera son 26e anniversaire en septembre 2018. Le logiciel libre s’est imposé comme solution logicielle sérieuse dans le domaine des serveurs. Notamment, beaucoup de serveurs web tournent sur une distribution Linux.
1.2 Or, il y a un domaine au niveau de l’informatique dans lequel les systèmes d’exploitations Linux (majoritairement) libre sont minoritaires, voire marginales: l’ordinateur personnel des particuliers, du grand public.
Bien que la part de marché de Linux au niveau de l’ordinateur personnel des particuliers ait progressé depuis ses débuts, il n’a pu conquérir qu’un maigre 2-3% de part de marché en 26 ans, 2-3% en un quart de siècle.
1.3 Or, si la communauté Linux désire vraiment avoir une place décisive dans l’informatique du grand public, il devient urgent pour Linux de prendre une place définitive et significative de part de marché au niveau du «desktop», puisqu’un phénomène inquiétant pour l’avenir du logiciel libre (et l’open-source en général) a lieu en ce moment: l’ajout de plus en plus massif des avantages techniques caractéristiques des systèmes d’exploitations (majoritairement) libres à l’intérieur de systèmes d’exploitation (majoritairement) propriétaires, ce qui permet à ces systèmes propriétaires d’avoir à la fois les avantages techniques caractéristiques des systèmes libres et des avantages qui sont propres à ces systèmes propriétaires, ce qui diminue de
plus en plus l’intérêt de choisir un système libre plutôt qu’un système propriétaire.
Nous craignons malheureusement que les systèmes d’exploitation Linux(majoritairement) libre, voire les systèmes libres en général, restent dans sa marginalité pour de bon à force que ce phénomène s’accentue.
1.3.1 Nous citerons à titre d’exemple ce qui se passe au niveau de Microsoft et de son système d’exploitation Windows.
Microsoft, entreprise qui développe le système d’exploitation propriétaire Windows, le système d’exploitation dominant dans ce domaine, ajoutent petit à petit les côtés intéressants et caractéristiques de l’univers de l’open-source à l’intérieur même de son système d’exploitation propriétaire. Sur Windows 10, le WSL (Windows sub system for Linux) est une tentative réelle pour faire en sorte que Windows gagne en compatibilité avec les logiciels Linux. Pour le moment, ce sous-système ne sert essentiellement qu’aux logiciels console (CLI), mais il est possible que Windows gagne aussi en compatibilité avec les logiciels Linux graphiques dans l’avenir.
Aussi, Microsoft a travaillé pour avoir un portage d’Open SSH (serveur et client) directement sur Windows.Une fois que Windows aura gagné tous les avantages techniques de l’open-source tout en ayant ses propres avantages à lui, il sera plus difficile que jamais de convaincre quiconque de passer à Linux puisque Windows pourra déjà faire tout ce que le libre est capable de bien faire en plus d’avoir des fonctionnalités propre à Windows.
1.4 Nous considérons que le phénomène cité au point 1.3 est une conséquence des licences trop permissives utilisées par les logiciels libres.
Les clauses de ces licences permettent à quiconque d’implémenter ces logiciels dans leur projet, peu importe la nature du projet. Par conséquent, les logiciels sous les licences trop permissives peuvent être implémentés dans un système d’exploitation propriétaire.
2. De la démocratisation de Linux2.1 Pour que les systèmes d’exploitation Linux (majoritairement) libres gagnent en part de marché, il faut être en mesure de le démocratiser, le rendre accessible pour le grand public.
Particulièrement pour le public qui n’est pas particulièrement technophile ou qui n’a pas vocation à le devenir.
En effet, pour ce public, l’informatique est un outil de la vie quotidienne, qui doit être aussi évident et intuitif que d’utiliser un marteau pour enfoncer un clou.
2.1 Le public technophile est déjà majoritairement au courant de l’existence de Linux et des distributions qui l’utilise.
Il est probable que ces personnes l’ont déjà adopté ne serait-ce qu’en "dual-boot" avec un autre système d’exploitation.
Pour que Linux obtienne une part de marché significative au niveau de l’ordinateur des particuliers, nous considérons comme primordial de concentrer les efforts sur un public comme défini au point 2
3. De la distribution vitrine
3.1 Pour la démocratisation de systèmes d’exploitation Linux (majoritairement) libres, il est important d’offrir les simplifications indispensables pour les rendre accessibles au plus grand nombre.
3.2 Pour simplifier l’accès à Linux auprès du grand public, nous jugeons essentiel de ne promouvoir auprès de ce public qu’un nombre limité, voire qu’une seule distribution Linux. Un trop grand choix ne produit que de la confusion pour les intéressés non initiés aux subtilités de l’open-source.
D’autant plus que dans l’offre actuelle, bien peu sont vraiment viables, encore moins à destination du grand public. Nous qualifions de «distribution vitrine», les distributions Linux étant des options viables permettant la transition en douceur d’un système d’exploitation (majoritairement)propriétaire vers un système d’exploitation Linux (majoritairement) libre au niveau du grand public et uniquement lui.
Ce sont ces seules distributions vitrines qui doivent être promues en direction de ce public non averti.
3.3 La liste des distributions vitrines n’est pas figée, car basée sur un cahier des charges précis:
le statut peut être acquis comme perdu à tout moment en fonction du respect du cahier des charges et de ses évolutions potentielles.
3.4 Tous les utilisateurs de Linux, même les personnes n’utilisant pas les distributions vitrines,bénéficieront des retombées d’une telle promotion: amélioration de la prise en charge du matériel,attraction des éditeurs pour porter des logiciels, amélioration des logiciels libres déjà existants..., etc
4. Du choix de la distribution vitrine
4.1 Le choix de la ou des distributions vitrines se fait par comparaison avec le cahier des charges idéal, tel que définit dans les points ci-après.
4.2 La distribution doit être suffisamment simplifiée pour permettre sa prise en main par tous, particulièrement par les personnes non-technophiles.
4.2.1 La distribution doit pouvoir être gérable par des outils graphiques; la ligne de commande ou l’édition de fichiers ne doivent pas être obligatoire pour configurer son système.
4.2.1.1 La ligne de commande étant indispensable pour le dépannage complexe (plantage du système, affinage d’une configuration exotique), elle doit être conservée en tant que roue de secours.
4.2.2 La distribution doit être prête à l’emploi dès l’installation: choix du noyau, du système d’initialisation, des services, de l’environnement graphique, etc. Il est hors de question de que des utilisateurs non-technophiles (particulièrement ceux arrivant sur Linux) aient à prendre de telles décisions.
4.2.3 La logithèque doit être aussi importante que possible, et ce dès le départ. L’utilisateur ne doit pas avoir à chercher partout les logiciels correspondant à ses besoins.
4.2.3.1 Par conséquent, la distribution doit permettre de se passer autant que possible de la recherche de dépôts tiers complémentaires ou de paquets individuels.
4.2.3.1 Par conséquent, la distribution doit permettre de se passer autant que possible de la recherche de dépôts tiers complémentaires ou de paquets individuels.
4.3 Parallèlement au développement des lignes haut-débits et très haut-débits, la sortie des logiciels s’est accélérée.
En dehors des entreprises, des collectivités et de l’univers des serveurs, la distribution doit proposer en continu des logiciels récents et stabilisés dit en "rolling release".
L’accès aux logiciels et aux mises à jour récentes doivent être aisé et naturel que possible.
4.4 La distribution doit présenter des garanties de pérennité et de viabilité sur le long terme.
4.5 La distribution doit proposer une traduction aussi complète que possible dans la langue de l’utilisateur dès le départ.
5 De la place du logiciel propriétaire.
5.1 À l’exception des pilotes propriétaires présentant des performances supérieures à celles de leurs équivalents libres, nous rejetons formellement toute présence d’éléments propriétaires au niveau des composants du système (du noyau jusqu’à l’interface graphiques de base).
5.2 A contrario, la présence de logiciels propriétaires applicatifs est acceptée.
Particulièrementdans le cas où l’offre libre n’est pas à la hauteur de leurs équivalents propriétaires.5.3 Nous nous opposons totalement à l’insertion de logiciels libres dans un système d’exploitation propriétaire. Nous considérons qu’avec l’amour récent de Microsoft pour Linux est un cheval de Troie. Nous considérons aussi que c’est une manière de phagocyter le logiciel libre.
5.3.1 Pour protéger le logiciel libre de son absorption entière dans un système propriétaire, la liberté d’exécution doit être plus restreinte. L’exécution du logiciel ne doit être autorisé qu’à l’intérieur d’un système d’exploitation dont la couche basse (noyau jusqu’à interface graphique de base) est(majoritairement) libre.
6 Du fork
6.1 Nous condamnons le fork abusif (la reprise d’un projet offrant au mieux une poignée de changements peu significatifs) ainsi que la multiplication des projets redondants. Cela disperse les efforts. De plus, cela a un impact négatif sur la qualité des logiciels issus de ces projets.
Au contraire,nous favorisons plutôt une convergence, une mutualisation des efforts vers un nombre plus réduit de projets afin de pouvoir offrir des logiciels de qualité et capables de soutenir la comparaison avec leurs homologues propriétaires.
6.2 Nous considérons que la dispersion liée au fork abusif (comme défini au point précédent) et la concentration des efforts sur les distributions redondantes nuit gravement à la quantité et à la qualité des applicatifs libres indispensables à la démocratisation croissante de Linux.
6.2.1 Nous préférons un choix réduit mais de qualité que d’avoir un choix pléthorique et peu satisfaisant.
6.3 Le fork doit être rationalisé et encadré pour éviter les abus que nous avons constatés. Nous pensons qu’il est nécessaire qu’une discussion préalable doit avoir lieu entre le projet d’origine s’il est actif et les personnes désirant forker.
6.3.1 Le projet forké doit être conservé sous la même licence.
6.3.2 En cas de désaccord avec l’équipe d’origine, le ou les personnes qui forkent sont tenues d’indiquer l’absence d’accord.
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